Taxes sur les alcools

On parle très souvent des taxes sur les alcools, mais de quoi s’agit-il exactement ?

3 taxes d’appliquent sur les spiritueux : la TVA (taxe sur la valeur ajoutée, impôt indirect sur la consommation), le droit d’accise (impôt indirect appliqué à certains produits comme le tabac, les alcools, les dérivés du pétrole) et la cotisation Sécurité Sociale sur les boissons alcoolisées (« en raison des risques que comporte l’usage immodéré de ces produits pour la santé. »).

Le graphique ci-dessus illustre la décomposition du prix d’une bouteille de whisky de 70 cl à 43% d’alcool, que vous payez 49€ toutes taxes comprises. Le principe est le même pour les autres spiritueux.

Dans cet exemple, vos 49€ sont répartis ainsi : 8,17€ de TVA ; 5,23€ de droit d’accise ; 1,70€ de cotisation Sécurité Sociale ; 33,84€ pour le produit.

Ce montant restant pour le produit va rémunérer le producteur mais aussi ses fournisseurs (matières premières, bouteille, bouchon, étiquettes, carton, tonneau, énergie, immobilier, amortissement du matériel…), ses charges fiscales et bancaires, et les intermédiaires (distributeur, transport…).

Et dans le cas d’un spiritueux 1er prix ?

Si nous décomposons un whisky 70 cl à 40% d’alcool vendu 9,40€ toutes taxes comprises (on a vérifié, ça existe) : 1,57€ de TVA (20% du prix de vente) ; 4,92€ de droit d’accise (un peu moins que dans le cas précédent car il y a un peu moins d’alcool pur) ; 1,58 € de cotisation Sécurité Sociale.

Il reste 1,33€ pour le produit (dont les coûts de production, les matières premières, la bouteille, le bouchon, l’étiquette, les marges des intermédiaires, la logistique… et le colorant caramel car dans ce cas il y a en certainement) ! Donc ne vous demandez pas si ce whisky 1er prix peut être de qualité…

« Réduction » et part des anges

Sur myDistillerie.com ou ailleurs, vous avez probablement déjà rencontré le terme « réduction ». On vous aura par exemple précisé qu’un whisky n’avait pas été réduit.

Il s’agit de la réduction du taux d’alcool dans un spiritueux, grâce à l’ajout d’eau.

Après distillation, l’eau-de-vie comporte généralement 70 à 72% d’alcool (72°). Avant de l’embouteiller pour la commercialisation, le producteur va ajouter de l’eau (idéalement une eau parfaitement pure, souvent traitée par un osmoseur). Ceci va permettre d’amener le spiritueux au taux d’alcool idéal pour la dégustation, mais aussi de faire baisser le montant des taxes par bouteille puisque celles-ci sont calculées en prenant en compte le volume d’alcool pur.

En ce qui concerne un alcool vieilli en tonneau (whisky, rhum ambré, cognac…), le producteur réduira parfois l’alcool de l’eau-de-vie aux environs de 63% avant de la mettre en tonneau. Durant la période de vieillissement, le pourcentage d’alcool va continuer à descendre lentement, de manière naturelle du fait de l’évaporation (la fameuse part des anges). La diminution annuelle va énormément varier selon le chai (lieu de stockage des fûts) et le climat. Environ 2% par an pour un whisky élevé en France métropolitaine, mais plutôt 8 à 10% pour un rhum vieilli dans les Antilles !

Avant embouteillage l’alcool représente encore, en général, plus de 50% du spiritueux. Le Maître de chai va généralement assembler les eaux-de-vie de plusieurs tonneaux et les réduire en ajoutant lentement une eau très pure, pour approcher de 40% d’alcool.

La mention « non réduit » ou « sans réduction » signifie qu’aucune réduction n’a été pratiquée après le vieillissement. Dans votre bouteille le spiritueux est identique à celui tiré du tonneau. Le terme « brut de fût » (« cask strenght ») indique également cette absence de réduction.

Les glaçons dans le whisky, c’est mal ?

En effet, ce n’est vraiment pas l’idéal.

Bien sur il vous éviteront de boire en été un breuvage à 35°, mais la glace va casser les aromatiques et même modifier la structure en rendant votre whisky plus liquoreux. Privilégiez donc un autre mode de rafraichissement (dans l’idéal une cave à vin) ou un apport de froid moins direct comme certains verres équipés d’un support réfrigéré.

Mais ne soyez pas non plus trop sectaire. Un glaçon dans un bon spiritueux sous le soleil d’août, c’est très agréable. Evitez juste de le faire avec vos flacons les plus âgés.

Allonger mon whisky à l’eau, est-ce pécher ?

Lors d’une discussion récente, Catherine me dit qu’elle n’aime pas le whisky. Mais elle ajoute rapidement que c’est parce qu’elle trouve cette boisson trop forte.

En effet, beaucoup d’entre vous peuvent considérer qu’une boisson à 40% d’alcool, ou plus, leur pose un problème. Mais quel dommage de se priver de la richesse et de la diversité des spiritueux pour cette seule raison.

Vous avez donc certainement pensé à l’allonger d’eau. Mais une autorité bienveillante de votre entourage vous aura vite expliqué que ce serait un abominable affront à ce magnifique breuvage. Pourtant, si votre whisky contient 40% d’alcool c’est qu’il contient 60% d’autre chose. Et cette chose mystérieuse c’est de l’eau.

A la sortie de l’alambic, l’eau-de-vie contient environ 72% d’alcool et 28% d’eau. Avant la mise en tonneau, le producteur va généralement ramener ce distillat entre 60 et 65% d’alcool en ajoutant de l’eau, c’est ce qu’on appelle la réduction. Après le vieillissement, l’alcool va le plus souvent être une nouvelle fois réduit pour être amené à 40% ou un peu plus (sauf dans le cas d’un embouteillage brut de fût). Cela n’aura donc rien de choquant que vous fassiez vous-même votre propre réduction maison.

Mais attention, sans excès ! Allez-y très doucement sur le dosage (à la pipette ou à l’aide du bouchon), pour obtenir votre whisky parfait que vous aurez « ouvert » mais pas dilué en cassant sa structure. Ce sera le whisky qui vous convient. Et surtout, vous choisirez votre eau avec précaution. Quel intérêt d’avoir acquis une très belle bouteille si c’est pour l’allonger de l’eau chlorée de votre évier ? Privilégiez les eaux neutres (Volvic), les moins minéralisées. Et si, comme Catherine, vous avez la chance d’avoir un osmoseur à la maison, vous êtes béni des dieux. Certaines distilleries utilisent ce système pour avoir une eau parfaitement pure.

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